Comment et pourquoi enrichir sa flore intestinale ?

Dernière mise à jour : 2 avr. 2021


Souvent surnommé notre "deuxième cerveau", la compréhension de notre système digestif et particulièrement de notre microbiote intestinale s'accélère de jour en jour.

Si vous imaginiez être parfois seul, en réalité des milliards de micro-organismes cohabitent avec votre corps en permanence. Si certains vous sont bénéfiques, ils peuvent se montrer nocives lorsque les mauvaises souches sont entretenus et que les bonnes s'amenuisent…

Avec près de 200 millions de neurones, notre ventre interagit en permanence avec notre système nerveux.

En outre, 95% de la sérotonine, hormone de la sérénité par excellence, est produite au niveau de l’intestin.

Et si prendre soin de son ventre était la source du bonheur ?


Qu'est-ce que le microbiote ?

Le microbiote interagit avec votre corps depuis votre plus jeune âge.

Le système digestif est le premier à être formé durant le développement du corps du fœtus. C’est lui qui assure la formation de tous les autres organes du corps, y compris du cerveau.

On ne naît pas avec une répartition particulière de bactéries, mais on l’acquiert, en fonction de ce que l’on mange mais aussi de notre mère. En effet, lors du passage par voie naturelle, une partie de sa flore vient se loger dans le nourrisson et commence à interagir avec son tube digestif. Cela provoque les premières défenses immunitaires. C'est pourquoi les enfants nées par césarienne sont plus susceptibles de développer des maladies comme l'asthme, le diabète de type 1 ou l'obésité.

Mais les coupables sont nombreux.

Nos modes de vie éloignés de notre nature (stress, sédentarité, pollution, aliments transformés, traitements type antibiotiques…) favorisent les troubles intestinaux.

Heureusement, BONNE NOUVELLE !

Nous pouvons reconstituer notre flore après sa destruction.


Pourquoi enrichir sa flore ?

Ces bactéries vivant en symbiose avec votre corps dépendent tout autant que vous-mêmes en avez besoin. Car cette communauté ne se limite pas à la transformation des aliments que vous ingérez. Elle intervient dans la synthèse de vitamines, dans votre système immunitaire et donc de la prévention des infections et maladies diverses, et interagirait même avec le cerveau, ce qui conduit à des modifications du comportement.

Ainsi, de nombreuses études suggèrent un lien entre dépression, stress et apparition de maladies inflammatoires de l’intestin/côlon, mais aussi dans l'asthme et l’obésité lorsque le microbiote est altéré.

Mais l'inverse aussi est possible: le psychisme étant directement lié à votre microbiote, vous pouvez vous-mêmes l'altérer, notamment lorsque vous mangez vos émotions avec des aliments nocifs…

En somme, votre santé et votre bonheur dépendent de vos bactéries !


Quels symptômes ?

Lorsque votre flore n'est pas optimale, victime de dysbiose, vous pouvez ressentir ces symptômes:

- Des troubles digestifs (reflux gastro-œsophagien, ballonnements excessifs, constipation, diarrhée, selles/gaz malodorants…)

- Baisse du système immunitaire (allergies et infections cutanées type eczéma, acné, allergies et infections respiratoires, cystites à répétition, facilité à tomber malade en somme…)

- Des troubles psychiques "légers" (dépression, anxiété, envies de sucre, maux de tête, fatigue…)

- Des maladies mentales (TDAH, hyperactivité, autisme…)

- Des troubles alimentaires et digestifs (obésité, hyperphagie, anorexie, maladies cœliaques…) dû ou accentué par le type d'aliments ingérés.


Comment procéder ?

L’équilibre homéostatique de la microflore intestinale dépend de nombreux facteurs.

  1. Apprenez à gérer votre stress : Vos pensées créer aussi votre santé. Optimiser votre temps en vous libérant des activités inutiles tel que le visionnage des réseaux sociaux (souvent facteur de stress), offrez-vous des moments de repos au contact de la nature et du silence, évaluer vos problèmes afin de trouver des solutions, oser faire passer votre bien-être en priorité et apprenez à respirer. Des aliments favorisant la libération d'hormones du bien-être (ocytocine, sérotonine) tel que le chocolat noir (+70%) la banane, les œufs ou l'avocat.

  2. Manger à des horaires similaires et laisser votre corps au repos: Le décalage horaire induit la dysbiose chez l’homme et entraîne une intolérance au glucose et de l’obésité. Dormez et mangez à des horaires réguliers. Il est important de laisser un repos de minimum12h par jour à votre système digestif afin qu'il se regénère et qu'il soit optimal. Votre fatigue ne fera que diminuer.

  3. Consommer une alimentation vivante et fermenté: Les fromages non-pasteurisés et laits crus/fermenté renforce votre corps en nourrissant et diversifiant votre flore intestinale. De plus, leur richesse en vitamines et minéraux est exceptionnelle. Pour les adeptes des végétaux, une choucroute (maison et non industrielle !) ou un Kombucha non-pasteurisé seras tout aussi intéressante. Des légumes et fruits frais, des produits et sous-produits animaux de qualité. Evitez le sucre, la friture, le tabac, l'alcool afin de ne pas tuer vos bonnes bactéries. Pour les adeptes des céréales, un pain au levain artisanale.

  4. Soyez en contact avec vos ressenties et adapter votre alimentation: Il peut être intéressant d'effectuer des tests sur votre alimentation, voir de changer votre mode alimentaire. Supportez-vous les crudités ? Les crucifères ? Le gluten ? Le café ? Le lait ? Après quels aliments souffrez-vous ou au contraire, sentez-vous votre corps s'améliorer ? En cas d'inconforts, de nombreux styles alimentaires existent et tous ne seront pas adapté à chacun. Notre sensibilité et notre génétique joue un rôle important. Le régime méditerranéen, FODMAPS free, paleo, cétogène et bien d'autres sont des pistes intéressantes. Attention cependant, un changement alimentaire doit se faire par étapes et être aiguillé d'un spécialiste pour assurer votre santé. Ces adaptations sont faites pour le long terme et même si elles sont réversibles la plupart du temps, elles sont conseillé en cas d'inconfort déjà présent. En effet, en modifiant votre alimentation, vous modifiez votre flore et donc la digestibilité de certains aliments.


Pour aller plus loin:

Intestinal microbiota; relevance to obesity and modulation by prebiotics and probiotics - PubMed (nih.gov)

https://nutritionenergetique.com/la-dysbiose-intestinale-causes-et-consequences/

Santé de fibromyalgie et d'intestin : SIBO et IBS (news-medical.net)

Current understanding of dysbiosis in disease in human and animal models (nih.gov)

La flore intestinale est un organe (pourquoidocteur.fr)

Microbiote intestinal et santé mentale (doctissimo.fr)

L’intestin, notre second cerveau avec 200 millions de neurones ? (pileje.fr)

Dysbiose - Déséquilibre intestinale, niveau microflore intestinale (sante-sur-le-net.com)

Comment corriger la flore intestinale des bébés nés par césarienne (lemonde.fr)

Obésité : mieux vaut avoir une flore intestinale "riche" - Sciences et Avenir

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